mercredi 4 novembre 2026

Les logements des fonctionnaires municipaux 1934–1942

HISTORIA DE LARACHE EN FOTOS · Patrimoine / تراث / Patrimonio
LARACHE · PATRIMOINE ARCHITECTURAL · 1934–1942

Les logements des fonctionnaires municipaux : l’élégance discrète du rationalisme à Larache

À Larache, le patrimoine du XXe siècle ne se résume pas aux grands bâtiments publics. Les immeubles d’habitation témoignent eux aussi de la transformation de la ville, de ses usages et de ses ambitions architecturales. Parmi eux, l’ensemble destiné aux fonctionnaires municipaux mérite une attention particulière.



Photographie historique fournie pour cet article. Datation précise non confirmée.
  • Architecte : José Larrucea Garma
  • Maître d’ouvrage : Junta municipal de Larache
  • Projet : 1934
  • Réalisation : 1942
  • Programme : 16 logements / 4 entrées
  • Typologie : R+1 · îlot triangulaire
01 · HISTOIRE

Un projet né de l’extension urbaine

Selon la fiche documentaire conservée par l’Université de Séville, cet ensemble fut conçu en 1934 par l’architecte José Larrucea Garma, à l’initiative de la Junta municipal de Larache, pour loger des fonctionnaires de la municipalité. La date d’exécution indiquée est 1942. Il faut donc distinguer la conception du projet de son achèvement, plutôt que de dater indistinctement l’édifice de 1934.

Le bâtiment se trouvait alors à la périphérie de l’ensanche, sur la route menant à l’hôpital civil. Ce secteur reflète l’extension de Larache au-delà de la médina, durant la période du Protectorat espagnol. Son implantation rappelle que les politiques de logement, les services urbains et l’aménagement des voies participaient ensemble à la fabrication de la ville moderne.

02 · ARCHITECTURE

Le rationalisme comme langage architectural

Le projet adopte un vocabulaire reconnaissable : surfaces claires et presque sans décoration, volumes cubiques, lignes horizontales des baies, alternance des pleins et des vides et accentuation verticale des cages d’escalier. La photographie historique permet d’observer ce contraste entre les longues bandes de fenêtres et le corps central plus élevé, qui organise la composition.

L’édifice ne cherche pas la monumentalité par des ornements, mais par l’équilibre de ses proportions. Ce parti s’inscrit dans le rationalisme architectural diffusé dans le nord du Maroc durant les années 1930. Larrucea a également contribué à d’autres projets du paysage urbain de Larache, en associant modernité constructive et références méditerranéennes ou locales.

03 · COMPOSITION

Seize logements répartis autour d’un îlot triangulaire

La notice universitaire précise que l’ensemble fut réalisé en plusieurs étapes, jusqu’à former un îlot triangulaire fermé, dont les angles sont arrondis. Le programme comprend seize logements desservis par quatre portails. Les constructions comportent deux niveaux principaux, avec une organisation intérieure à deux travées en profondeur et des logements de dimensions moyennes.

L’image présentée ne montre qu’une façade : l’organisation triangulaire et les angles courbes proviennent donc de la description documentaire, et non d’une déduction tirée de cette seule photographie. Cette distinction est importante pour lire correctement les sources iconographiques.

04 · PHOTO

Ce que révèle la photographie historique

Au premier plan, la végétation basse, les jeunes arbres et le sol encore largement dégagé donnent à voir un environnement urbain moins dense qu’aujourd’hui. Quelques personnes se tiennent devant l’édifice et en soulignent l’échelle. La netteté de ses volumes blancs et la répétition des ouvertures traduisent l’idée d’une architecture simple, fonctionnelle et ordonnée.

La date exacte de cette photographie n’a pas été établie à partir des éléments disponibles. Elle ne doit donc pas être présentée sans preuve comme une vue prise en 1942.

05 · PATRIMOINE

Un héritage à documenter et à préserver

Ce groupe d’habitations constitue un document bâti sur l’histoire sociale de Larache : il témoigne d’une politique municipale destinée à une catégorie précise de salariés, dans un contexte colonial marqué par des inégalités d’accès au logement. Le reconnaître comme patrimoine n’implique ni d’effacer ce contexte ni de transformer un lieu habité en monument figé.

La notice universitaire signalait, à la date de sa documentation, des transformations relativement limitées. Son état en 2026 exige toutefois une vérification sur place. La meilleure démarche consisterait à réunir plans d’origine, photographies anciennes et relevés actuels, puis à inventorier les façades, cages d’escalier, menuiseries et éventuelles modifications avec le respect dû aux habitants.

Conserver la mémoire de ces immeubles modestes, c’est restituer à Larache une histoire architecturale plus complète : celle des rues, des quartiers et des habitants, autant que celle des monuments.

GEO · 35.1874706, -6.1558092

Localisation documentaire

Point calculé à partir des coordonnées UTM 29N indiquées dans la notice universitaire ; il s’agit d’un repère documentaire à vérifier sur le terrain.

OpenStreetMap · 35.187471, −6.155809

BIBLIOGRAPHIE

Sources et lectures

  1. Université de Séville — fiche de l’ensemble (document source)
  2. Alejandro Muchada Suárez (dir.), La ciudad colonial y la cuestión de la vivienda Tetuán–Larache, 1912–1956, 2015
  3. Ramón de Torres López — étude sur l’architecture espagnole en Afrique du Nord, Awraq, n° 11 (2015)
  4. Historia de Larache en Fotos — notice sur Enrique Blanch Roig (point d’attribution à clarifier)
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Agrandissement de la photographie historique