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mercredi 15 mai 2024

Description de Larache par Paul de Laget 1930



Voyage de Paul de Laget au Maroc espagnol (1935): une vision poétique et pittoresque

Paul de Laget, auteur français, entreprend un voyage au Maroc espagnol dans les années 1930 et relate ses impressions dans son ouvrage "Au Maroc espagnol". Son récit se démarque par une approche poétique et pittoresque, riche en descriptions subjectives et en anecdotes colorées. Larache, étape importante de son périple, est dépeinte avec une sensibilité particulière, mêlant observations architecturales, impressions sensorielles et réflexions sur la rencontre des cultures.

Une entrée en douceur :

Laget arrive à Larache par une avenue bordée de palmiers et d'élégants bâtiments, témoignant de l'influence architecturale espagnole. L'église Notre-Dame du Pilar, de style moderne, attire son attention avec ses coupoles bleues vernissées. L'atmosphère est paisible et accueillante.

La Plaza de España : un havre de paix et de beauté

La Plaza de España, aujourd'hui Place de la Libération, est le cœur vibrant de la ville nouvelle. Laget la décrit comme un lieu paisible et enchanteur :

Un écrin de roses : Des rosiers en fleurs bordent la place, créant un spectacle visuel et olfactif envoûtant.

La fontaine centrale : Élément architectural typique des places espagnoles, elle symbolise la présence coloniale.

L'harmonie des couleurs : Laget décrit avec poésie les couleurs chatoyantes des djellabas des hommes assis sur un banc, qui s'harmonisent avec le rouge des roses et la lumière dorée du crépuscule.

La Plaza de España représente pour Laget un lieu de rencontre harmonieuse entre les cultures espagnole et marocaine, un espace où la beauté et la sérénité règnent en maîtres.

Le petit souk : effervescence et couleurs

Laget se rend ensuite au petit souk, situé à l'intérieur de la médina. Il décrit l'animation intense qui y règne lors de la fête de l'Achoura, comparable à l'effervescence du Forum romain :

Un mélange de cultures : Laget observe la diversité des populations qui fréquentent le souk, des paysans du Loukkos aux marchands juifs en passant par les conteurs et les musiciens.

Un spectacle visuel et sonore : Il décrit les couleurs vives des étals, les odeurs des épices et des aliments, les sons des conversations animées et de la musique traditionnelle.

Un lieu de traditions : Laget s'intéresse aux femmes venues du Loukkos, remarquant leur port altier, leurs visages découverts et leurs tatouages.

Le petit souk est pour Laget un lieu authentique et fascinant, où se mêlent les traditions, les cultures et les modes de vie.

Le Loukkos : un fleuve chargé d'histoire

Laget décrit ensuite le fleuve Loukkos et son estuaire. Il observe les "portefaix" qui transportent des marchandises sur la rue "Huit Juin", reliant le port au centre-ville. Il note la présence de ruelles escarpées et d'escaliers, qui confèrent à la ville une topographie unique.

Le cimetière arabe : méditation et contemplation

Laget se rend au cimetière arabe, situé à l'écart de la ville. Le lieu, paisible et empreint de spiritualité, lui inspire des réflexions sur la vie et la mort. Il admire la vue panoramique sur la ville blanche, le golfe immense et l'océan Atlantique.

Apport du récit de Laget :

Le voyage de Paul de Laget offre une vision subjective et poétique de Larache. Son récit met en avant :

La beauté architecturale de la ville, influencée par la présence espagnole.

L'atmosphère paisible de la Plaza de España, lieu de rencontre des cultures.

L'animation et la diversité du petit souk, témoin des traditions marocaines.

La dimension spirituelle et contemplative du cimetière arabe.

Limites :

L'approche de Laget, centrée sur ses impressions et ses émotions, manque parfois de précision historique et géographique.

Conclusion :

Le récit de Paul de Laget, malgré ses limites, enrichit notre vision de Larache en nous invitant à la découvrir à travers le prisme de la poésie et de l'émotion. Son regard sensible et son style coloré nous plongent dans l'ambiance unique de la ville et nous font ressentir la fascination qu'elle exerce sur les voyageurs.

Extraits de Au Maroc espagnol de Paul de Laget qui concernent Larache :

"(...) On accède à Larache par une avenue bordée de palmiers et d'élégants édifices. A gauche, une église moderne, Notre-Dame du Pilar, élève ses coupoles bleues vernissées.

Au bout se trouve la Plaza de España, toute fleurie de roses. (...) Elles entourent le bassin classique de toutes les places d'Espagne. Des enfants jouent près du jet d'eau. Sur un banc, tout près, sont assis, côte à côte, trois arabes. Les tons de leurs djellabas, vert réséda, rouge framboise et jaune abricot, s'harmonisent non seulement entre eux, mais aussi avec la couleur des roses et l'or liquide du crépuscule.

Le souk petit. La Plaza de España communique par la haute porte de Bab el-Jemis avec la ville arabe.

Ce matin, fête de l'Achoura, qui correspond à notre premier de l'an, le petit souk présente, sous le soleil, une animation extraordinaire. Ainsi devait palpiter le Forum, dans la Rome antique, où toutes les races barbares se coudoyaient, mêlées aux romains, avec leurs toges de laine blanche. Des colonnes de pierre entourent la place. Elles supportent les voûtes d'une galerie sur laquelle donnent les boutiques. Au centre, à même le sol ou sur de pauvres tapis usagés, sont assis les vendeurs de dattes, d'olives noires, de poissons frits, de sucre roux, de tourons et de gâteaux au miel, sur lesquels les abeilles posent leurs pattes inquiètes.

C'est le lieu des conteurs aux gestes subtils, des musiciens, des chanteurs entourés d'arabes oisifs. Les marchands de soieries groupent autour d'eux les femmes.

La plupart venues de la vallée du Loukkos, elles ont une allure noble, un port altier, le visage découvert et curieusement tatoué. Elles aiment beaucoup, dit-on, les parures, le luxe des beaux tissus (...)

Sous le midi éclatant, la place est maintenant une cuve de marbre que le soleil emplit, allumant des mèches de lumière dans le cuivre des balances, dans l'or des bracelets, dans les garnitures d'argent des poignards, dans l'agate sombre des beaux yeux.

L'estuaire du Loukkos. Au bout du Souk s'ouvre, si vivante et si joyeuse, la rue "Huit Juin" qui conduit au port. Les portefaix, au cœur solide, la gravissent en courant avec d'énormes ballots sur le dos. A droite et à gauche, commencent ou finissent des ruelles si escarpées que, parfois, des escaliers remplacent le pavé. Cela forme un ensemble, un système vertébré, dont cette rue serait la colonne centrale.

En continuant à descendre, on arrive à une petite place ensoleillée d'où l'on aperçoit soudain la mer et l'embouchure du Loukkos (...)

Pour revenir à la Plaza de España, j'ai suivi une rue qui longe le Loukkos, et qui aboutit à l'ancien fort aux "Petites coupoles".

(...)

Au coucher du soleil, je suis allé au cimetière arabe qui cache ses tombes sous de hautes herbes, près de la route de Nadar.

D'un coup d'oeil, on embrasse la ville, le golfe immense, ouvert - semble-t-il - au monde entier avec ses deux bras étendus, et l'Océan qui, inlassablement, pousse vers la rive ses vagues à crinière d'écume..."

Source : Paul de Laget. Au Maroc espagnol. Marseille: Le Manoir, 1935, pp. 175-179 & 188

jeudi 5 novembre 2009

la plaza de España y las siete calles

🌅 Plaza de España de Larache

Una tarde dorada, una fuente cantarina y la memoria sentimental de un lugar mágico
Plaza de España de Larache
La antigua Plaza de España de Larache, convertida en escenario de memoria, paseo y emoción.

Relato

Era una tarde dorada en la Plaza de España de Larache, donde el sol descendía suavemente, tiñendo de oro cada rincón de ese lugar mágico. Allí, en el corazón de la plaza, la fuente central lanzaba al aire su cantarina sonata de agua, relajante y susurrante. Las bocas de los leoncitos de piedra, siempre vigilantes, dejaban caer el agua en el reducido estanque decorado con azulejos de arabescos dibujos geométricos. En el agua, los diminutos peces rojos y azules se movían con rapidez, creando un ballet acuático encantador.

Rodeando la fuente, las zonas ajardinadas estallaban en colores de flores variadas, y las palmeras se elevaban majestuosamente hacia el cielo, acompañadas por una solitaria araucaria que se erguía con elegancia. Los bancos, con sus respaldos de hierro forjado, y las pilastras de mampostería ornamentadas en forma de macetas, ofrecían asientos acogedores para los visitantes que deseaban absorber la belleza del entorno.

La plaza no era solamente un espacio urbano: era una pequeña escena de Larache donde el agua, los árboles, las fachadas y los recuerdos componían una misma melodía.

Julia, una joven de espíritu soñador, solía pasear por esta plaza todos los días, disfrutando de la serenidad que allí encontraba. Esa tarde, se sentó en uno de los bancos, sintiendo la brisa fresca que llegaba desde el cercano Atlántico. Cerró los ojos y dejó que el murmullo del agua y los trinos de los pajarillos la envolvieran, creando una sinfonía natural que parecía susurrarle secretos del pasado.

Desde su asiento, podía ver cómo las siete calles irradiaban desde la plaza, como rayos de un sol urbano. A lo lejos, los soportales de la avenida Mohamed V conducían al Balcón del Atlántico, donde el aroma salino del mar se mezclaba con los sonidos de una ciudad alegre y bulliciosa. Las tiendas y establecimientos que bordeaban esas calles eran parte integral de su vida. Recordó con cariño las veces que había recorrido esos lugares con su familia: admirando las fotos en Foto Diodoro, deleitándose con los exquisitos productos en la pastelería La Campana, y disfrutando de las milhojas que siempre le recordaban a su infancia.

Esa tarde, mientras el sol se escondía detrás de los edificios, Julia notó a Alejandro, un joven arquitecto que solía frecuentar la plaza para buscar inspiración. Él estaba de pie, junto a la fuente, absorto en la belleza del lugar. Sus ojos se encontraron y, por un instante, el tiempo pareció detenerse. Había algo en la forma en que la miraba, una mezcla de curiosidad y reconocimiento, como si sus almas se hubieran conocido en otra vida.

Alejandro se acercó lentamente, sus pasos resonando suavemente en el pavimento de la plaza. Cuando estuvo lo suficientemente cerca, sonrió y dijo:

—Siempre he pensado que esta plaza tiene un encanto especial, pero hoy parece aún más mágica.

Julia sonrió, sintiendo cómo una cálida oleada de emociones la invadía.

—Debe ser porque hoy tiene a alguien que la aprecia tanto como yo —respondió ella, sin poder evitar sonrojarse.

Conversaron durante horas, compartiendo historias y sueños bajo el cielo estrellado de Larache. La plaza de España, con su fuente susurrante, los jardines floridos y la arquería artística, se convirtió en el escenario perfecto para el inicio de una historia de amor. La magia de ese lugar los envolvió y, desde entonces, cada vez que se encontraban allí, sentían que el tiempo se detenía y el mundo se convertía en un lugar más hermoso.

La plaza de España no solo era el punto de partida de las siete calles, sino también el lugar donde dos almas se encontraron y comenzaron a tejer juntos un nuevo capítulo lleno de amor y promesas. Y así, bajo la sombra de las palmeras y el eco del agua cantarina, nació un romance que prometía ser tan eterno como la belleza de aquel rincón de Larache.

Las siete calles que irradian desde la plaza

1) c/Larrucea

2) c/del Casino o Gral. Silvestre

3) antes Avda. Primo de Rivera, hoy Av. Mulay Ismail

4) c/17 de julio, hoy Mohamed Zerktuni

5) Avda. Duquesa de Guisa, actualmente Mohamed ben Abdallah

6) c/ Chinguiti o Canalejas, desde la independencia Hassan II

7) Avda. de Mohammed V, antes con nombres adaptados a los vientos políticos de cada época


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